Auld Alliance

La Vieille Alliance ou en scots, Auld Alliance, est une alliance nouée entre les royaumes de France et d'Écosse contre l'Angleterre, par un traité officiel en 1295.

Bien que le traité d'Édimbourg de 1560 ait mis fin de fait à la plupart de ses dispositions, l'alliance et ses prolongements ont marqué les relations franco-écossaises de 1295 jusqu'à l'époque contemporaine.

Aujourd'hui encore, ce lien d'amitié demeure, comme lors du tournois des six nations où chaque match joué entre les équipes de France et d'Écosse, se dispute le trophée de la Auld Alliance.

Ce trophée rend hommage aux joueurs de rugby français et écossais morts durant la Première Guerre Mondiale.

Un peu d'Histoire

S'il est possible d'en faire remonter l'origine à 1165, lorsque Guillaume le Lion adresse une ambassade à Louis VII le Jeune, sa première trace écrite est le traité signé à Paris le 23 octobre 1295. Ratifié le 23 février 1296 par le parlement écossais, ce traité prévoit que si l’une des parties subissait une attaque de leur ennemi commun, l’Angleterre, l’autre envahirait le territoire de ce dernier.


En avril 1326, Robert Bruce renouvelle l’alliance par le traité de Corbeil. Aux XIVe et XVe siècles, le traité sera invoqué à six reprises.


En 1421, lors de la bataille de Baugé, les forces franco-écossaises infligent une sévère défaite aux Anglais et les Français récompensent gracieusement les Écossais. Toutefois cette victoire est de courte durée car à la bataille de Verneuil en 1424, les troupes écossaises sont anéanties. Malgré cette défaite, l’action des Écossais apporte un soutien et un renfort précieux aux troupes du roi de France.

Étendard du Régiment Royal Écossais  1744 - 1762

C'est à la même époque (en 1422) qu'un corps écossais est constitué pour défendre la personne du roi de France, dont la garde personnelle restera longtemps exclusivement une garde écossaise.

L'origine de la garde écossaise remonte à l'an 882, quand un contingent de nobles écossais vint en France pour former la garde du roi Charles III.


En 1420, un corps de 6 000 Écossais avait débarqué à La Rochelle pour venir au secours de celui qui n'était encore que dauphin. Ce corps était commandé par John Stewart. En 1429, les Écossais assistent Jeanne d’Arc pour lever le siège d’Orléans avec un renfort supplémentaire de 1 000 hommes.


En 1543, cette alliance est reconduite comprenant la promesse de mariage entre Marie Ire d'Écosse (dite Marie Stuart) et le futur roi de France, François II, ainsi que la protection de l'Écosse par la France.

Cette reconduction de l'Alliance initie, en représailles, les guerres sporadiques et sanglantes de l'Angleterre contre l’Écosse menées par Henri VIII, appelées le "Rough Wooing". En 1558, le mariage promis sera effectif.

Tartan Auld Alliance - 2006

Autres aspects

Politiquement et militairement, l'alliance prend fin, en partie, le 6 juillet 1560 par le traité d'Édimbourg et met officiellement un terme à l'essentiel des dispositions de l’alliance, après presque 265 ans, via le changement politique de l'Écosse avec son voisin Anglais.

Bien qu’elle soit avant tout militaire et diplomatique, l’alliance a une portée plus large, dont certains aspects ont pu se prolonger au-delà de 1560.


Au titre de l'alliance ou comme mercenaires, de nombreux Écossais sont entrés au service de la France et beaucoup s'y sont installés. Certains continuent de se considérer comme Écossais, d'autres s'intègrent, comme les Stuart de Darnley devenus seigneurs d'Aubigny, petite ville du Nord du Berry qui restera « écossaise » jusqu'au XVIIIe siècle.


En Écosse, l'alliance influe sur la vie quotidienne dans différents domaines : l’architecture, le droit, la langue et la cuisine. Les Écossais ont pris goût aux meilleurs vins français. Le bordeaux est alors, devant le whisky, la « boisson nationale ». Ainsi, en 1620, le port écossais de Leith importe un million de litres de clairet, soit un litre par habitant.

Garde Ecossaise de Louis XI
Garde Écossaise de Louis XV

L'alliance est un sujet présent de longue date dans la littérature des deux pays. Autour de 1360, le chroniqueur Écossais Jean de Fordun la rattache au mythique roi Achaius, dont il fait commencer le règne en 787 : il le dépeint comme le premier à conclure une alliance avec les Francs, échangeant une ambassade avec Charlemagne. En 1428, le poète français Alain Chartier déclare que « l'Auld Alliance n'a pas été écrite sur un parchemin de peau de brebis mais gravée sur la peau d'homme, tracée non par l'encre mais par le sang ».


Par le « Statute Law Revision (Scotland) Act » du 4 août 1906, le parlement britannique abroge la lettre de naturalité de novembre 1558 en faveur des sujets français résidant en Écosse. Relevant que cette date, après l'établissement en 1904 de l'Entente cordiale, marque pour certains la véritable fin de l'Auld Alliance. L'historienne britannique Siobhan Talbott souligne qu'on ne trouve cependant aucun texte, du côté français, abrogeant explicitement les dispositions symétriques.


En 1942, le général de Gaulle qualifie l’alliance franco-écossaise de « plus vieille alliance du monde ». Il s'en justifie pour autoriser des parachutistes français à être réunis à une unité britannique (les SAS), car dirigée par un Écossais (David Stirling). 

Idem au N°4 commando Écossais débarquant le 6 Juin 1944 à Colleville-Montgomery, avec les 177 commandos Kieffer.


En 1995, des célébrations ont lieu dans les deux pays pour le 700e anniversaire de l'alliance.


Concernant l'alliance elle-même, l'absence d'abrogation explicite de ses recherches, Siobhan Talbott conclut en 2011 qu'elle n'a jamais été formellement rompue, la poursuite de relations économiques privilégiées et la vitalité du sentiment national écossais jusqu'à nos jours, alimentent l'idée d'une permanence qui en ferait l'alliance la plus longue de l'histoire...

La Garde Écossaise

Cette unité d’élite se divisait en deux formations, la Garde du Roi et la Garde du Corps du Roi. Collectivement, elles portaient simplement le nom de Garde écossaise.

En 1445, quand l’armée régulière fut levée, le nombre d’hommes de la Garde écossaise fut proportionnellement augmenté par multiples de treize. En 1474, leur nombre était définitivement fixé à 77 hommes plus un commandant pour la Garde du Roi, et 25 plus un commandant pour la Garde du Corps du Roi. Avec une constance frappante, les officiers et les commandants de la Garde écossaise furent aussi faits membres de l’ordre de Saint-Michel, dont une branche fut plus tard établie en Écosse.


Pendant près d’un siècle et demi, la Garde écossaise bénéficia d’un statut unique dans les affaires françaises. Elle agissait aussi bien dans l’arène politique qu’au combat, servait de courtier et de conseiller dans le domaine intérieur, d’émissaire et d’ambassadeur dans les relations internationales. Les commandants de la Garde jouaient aussi le rôle de chambellans royaux, charge qu’ils cumulaient, souvent à d’autres postes, tant honorifiques que pratiques.


De même que les templiers se recrutaient parmi l’aristocratie de leur époque, la Garde écossaise puisait ses officiers et ses commandants chez les familles les plus augustes d’Écosse, dont les noms figurèrent tout au long de l’histoire du pays et résonnent encore aujourd’hui : Cockburn, Cunningham, Hamilton, Hay, Montgomery, Seton, Sinclair et Stuart (ou Stewart)

Garde écossaise, 1re compagnie des Garde-du-corps - 1440